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A propos d'Ocean Infinity, la société qui avait retrouvé la Minerve en 2019 (extraits d'un article)

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    Admin
  • il y a 3 jours
  • 5 min de lecture



Seuls quelques paragraphes de l'article figurent ici


Le 29 décembre dernier le journaliste de Ouest-France Jean-Marie Cunin publiait un long article à propos de la société Ocean Infinity qui, après la découverte de la Minerve e,n 2019, a découvert d'autres épaves disparues et qui depuis début janvier 2026 cherche à retrouver l'épave de l'avion disparu de la Malaysian Ailines


ENQUÊTE. Vol MH370 : qui se cache derrière Ocean Infinity, la mystérieuse entreprise obsédée par l’avion disparu ?


L’entreprise Ocean Infinity se lance ce 30 décembre et pour la troisième fois à la recherche du vol MH370, le plus célèbre des avions disparus. Fondée il y a moins de dix ans par un financier anglais sans expérience maritime, la société possède déjà une des flottes de navires et de drones les plus avancées au monde. D’où viennent ses moyens illimités ? Ouest-France a mené l’enquête.

Ocean Infinity, fondée il y a moins de dix ans, possède déjà quatorze navires semi-autonomes f lambant neufs comme celui-ci. Brian Scott
Ocean Infinity, fondée il y a moins de dix ans, possède déjà quatorze navires semi-autonomes f lambant neufs comme celui-ci. Brian Scott

Pour percer le plus grand mystère de l’aviation moderne, le gouvernement malaysien n’a pas lésiné sur les moyens. La récompense : 70 millions de dollars (60 millions d’euros) si le vol MH370, disparu le 8 mars 2014, est retrouvé. Zéro sinon.


Les recherches débuteront à partir du 30 décembre. Elles se dérouleront pendant 55 jours non consécutifs, sur une période de 18 mois, surtout de janvier à avril quand les conditions météo le permettent. Une mission d’ampleur, au risque financier conséquent, confiée à une entreprise anglaise : Ocean Infinity.


Pour les «MHistes », les passionnés qui suivent l’affaire, la société est loin d’être une inconnue. Elle a déjà tenté deux fois, en 2018 et début 2025, de retrouver l’épave.


Les experts d’Ocean Infinity « vont-ils chercher au bon endroit ? Je ne sais pas. Mais si c’est le cas, je suis sûr qu’ils vont le trouver », confie un bon connaisseur du milieu maritime qui préfère demeurer anonyme.



[...]



Mais Ocean Infinity n’est pas du genre à se vanter, bien au contraire. « Tant qu’ils n’ont rien à dire sur un sujet, ils restent silencieux. C’est une super boîte, mais je ne suis pas sûr que la communication soit leur priorité », euphémise Mark Antelme, leur ancien conseiller en relation presse. La société demeure très discrète et n’a pas souhaité répondre aux questions de Ouest-France.


Mystérieux investisseur anglais


Mais la belle histoire de cette société ultra-performante, qui retrouve des épaves au grand soulagement de familles endeuillées, comporte quelques zones d’ombre. Comment une entreprise fondée il y a moins de dix ans peut-elle disposer de moyens aussi colossaux ? Comment son PDG, Oliver Plunkett, un financier anglais spécialisé dans les taxes sans aucune expérience maritime, a-t-il pu monter une telle machine à cartographier les abysses ?


Une bonne partie de l’explication réside dans un nom : Mashall Wace. Ou plutôt deux : Paul Marshall et Ian Wace. Deux entrepreneurs britanniques qui ont fondé ce fonds spéculatif en 1997.

Sir Paul Marshall est un richissime financier anglais et patron de presse. ARC Forum / CC0
Sir Paul Marshall est un richissime financier anglais et patron de presse. ARC Forum / CC0

Dès 2001, ils sont rejoints par un brillant diplômé d’Oxford : Anthony Clake. Tout juste


sorti de l’université, il rejoint Marshall Wace et invente un système financier en partie à l’origine du succès de la firme, qui compte aujourd’hui parmi les plus grands fonds alternatifs d’Europe.


Chasseur d’épaves « le plus prolifique » de l’Histoire


De quand date la passion d’Anthony Clake pour les épaves ? Impossible de le dire, tant l’homme est secret. Mais le réputé média économique Bloomberg lui a consacré une longue et passionnante enquête en 2023. Selon nos confrères, Anthony Clake traque les navires, avions, et sous-marins perdus depuis une quinzaine d’années avec un grand succès. Au point d’être « «le chasseur d’épaves le plus prolifique de l’époque moderne, voire de toute l’Histoire» », peut-on y lire.


Un chasseur particulièrement riche et discret. La recherche sous les glaces antarctiques de l’Endurance « a été présentée comme un projet du Falklands Maritime Heritage Trust, mais c’est Clake qui l’a financée », affirme Jonathan Amos, un journaliste spécialisé dans les sujets scientifiques, qui travaillait pour la BBC (le principal média public anglais).


Lors d’un évènement au Parlement britannique, celui-ci finit par remarquer qu’« Anthony Clake était assis juste derrière moi ! Je ne savais pas à quoi il ressemblait. Il n’existe aucune photo de lui », poursuit notre confrère britannique.


Quel est le rapport entre le monde feutré de la finance londonienne et une société d’exploration des grands fonds marins ? En termes de capital, « aucun avec le groupe Marshall Wace », assure à Ouest-France le fonds d’investissement. Ce qui semble vrai : selon le registre des entreprises anglaises, trois hommes se partagent le capital d’Ocean Infinity : Anthony Clake, un autre financier anglais appelé Ross Hyett, et Oliver Plunkett.

Le PDG d’Ocean Infinity, Oliver Plunkett, lors d’une conférence de presse en 2018 avant de débuter les recherches du vol MH370. AFP
Le PDG d’Ocean Infinity, Oliver Plunkett, lors d’une conférence de presse en 2018 avant de débuter les recherches du vol MH370. AFP

Millions de pertes


Oliver Plunkett, avant de diriger Ocean Infinity, a travaillé entre 2014 et 2016 pour un «fonds spéculatif de premier plan », peut-on lire sur son profil LinkedIn, sans préciser son nom. Mais vous l’avez deviné, ce qui nous a été confirmé par le groupe : Marshall Wace.


Voici donc comment ce spécialiste des taxes s’est retrouvé à la tête du (probablement) leader mondial de la recherche en eaux profondes, discrètement soutenu par l’expérience et les millions d’influents financiers britanniques.


Mais une mise de départ importante ne suffit pas à créer un business rentable. D’après les derniers comptes publiés par Ocean Infinity en décembre 2018, l’entreprise affichait alors une perte de 28 millions de livres (32 millions d’euros au cours actuel).


[...]


Juteux contrat avec la Marine nationale


Ocean Infinity travaille également avec des gouvernements, l’industrie de l’éolienne en mer, ou des scientifiques. Mais faire appel à Ocean Infinity et à ses moyens hors normes a un coût. À l’été 2019, pour retrouver le sous-marin français Minerve, perdu lors d’un exercice au large de Toulon en 1968, la Marine nationale française a d’abord missionné l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer).

Entre un calendrier chargé qui a limité la période de recherches, une large zone à couvrir, une météo compliquée et l’usage d’un unique drone vieux de 15 ans, l’institut public n’a pas réussi à localiser l’épave.


La Marine a alors contacté Ocean Infinity. « Elle ne boxait pas dans la même catégorie que l’Ifremer », relate Hervé Fauve, le fils du commandant de la Minerve disparu. Âgé de cinq ans et demi au moment du drame, il s’est ensuite énormément impliqué dans la recherche de l’épave. « Ocean Infinity a déployé cinq drones » flambant neufs et a retrouvé l’épave en moins de quatre jours.


Selon Hervé Fauve, le contrat passé par la Marine nationale avec Ocean Infinity faisait état d’une rémunération « aux alentours de cinq millions d’euros pour trois jours de recherche, puis un million d’euros par jour supplémentaire ». Contactée, la Marine nationale n’a pas été en mesure de nous confirmer ces sommes avant la publication. Chef d’État-major de la Marine au moment de la découverte, l’amiral Christophe Prazuck n’a pas répondu à nos sollicitations.


En termes de prix, l’Ifremer « est dans un ordre de grandeur complètement différent. Si la rémunération (d’Ocean Infinity) est avérée, elle est supérieure d’un facteur dix, au minimum », explique de son côté Jan Opderbecke, responsable des systèmes sousmarins de l’institut public.


La récompense de 70 millions de dollars si la société parvient à trouver le vol MH370 serait encore d’une tout autre nature. « C’est quasiment le budget annuel de la flotte océanographique française », relate Jan Opderbecke. Mais surtout, Ocean Infinity rentrerait dans les livres d’histoires et s’assurerait une publicité à la démesure de ses ambitions. De là à quitter ses abîmes de discrétion…


Jean-Marie CUNIN.

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